Introduction

Vous trouverez ici de précieuses ressources pour l’enseignement de la Shoah et de la déportation. Bien que les ressources se concentrent sur la musique, ce site peut néanmoins être utilisé par les enseignants de langue, d’histoire et d’éducation civique.

À propos des plans de cours proposés

  • Ils suivent les quatre thèmes proposés par le site
  • Ils peuvent être utilisés pour une séquence comme pour une séance unique
  • Ils sont adaptés à des élèves du secondaire (collège et lycée), avec des activités modulables par niveaux
  • Ils proposent des activités individuelles ou collectives et permettent la discussion, la recherche et des activités créatives. Pour les enseignants, des notes plus détaillées sont fournies pour chaque activité
  • Ils offrent aux élèves et aux enseignants l’opportunité de se familiariser avec un sujet délicat parfois méconnu.

 

Approche méthodologique

Ces plans de cours se base sur une approche transdisciplinaire, pour permettre aux élèves de développer des compétences variées qui ne se limitent pas à ce sujet particulier :

  • Développer l’écoute musicale et l’appréciation critique
  • Questionner des faits historiques, rechercher et raisonner sur un sujet
  • Exprimer, par divers moyens, ses émotions en réponse à des formes d’expression artistique
  • Créer, par l’écriture ou les autres arts, ses propres interprétations sur le sujet.

Une attention a été portée à des destins individuels, en mettant des visages sur quelques-unes des millions de victimes anonymes. Les élèves trouveront ici des témoignages de survivants, des études de cas et des histoires personnelles.

Des Questions ouvertes reviennent régulièrement, pour encourager les élèves à formuler leur propre réflexion et approche critique.

Chaque leçon s’intéresse à une ou plusieurs œuvres issue(s) du site ; l’écoute musicale fait donc partie intégrante de ces leçons. L’enseignant peut, dans un premier temps, consacrer un moment aux réactions émotionnelles qui suivent immédiatement l’écoute de ces œuvres, pour permettre aux élèves de mieux appréhender les intentions des artistes.

Ces activités ont également été pensées pour des mélomanes non spécialistes ; nos outils vous guideront en vous suggérant des pistes d’écoute simples et efficaces.

Attention :

Il est déconseillé aux enseignants d’opter pour une approche empathique où l’on demanderait aux élèves de s’imaginer à la place des victimes.

Autres sites utiles

Yad Vashem : https://www.yadvashem.org/fr/education.html
Musée de l’Holocauste, Washington DC: https://www.ushmm.org/fr

Enseigner la Shoah et la déportation

« Holocauste », « Shoah », « génocide »

L’Holocauste fait référence à un événement génocidaire particulier dans l’histoire du xxe siècle : la persécution et l’assassinat de près de six millions de Juifs d’une manière systématique, bureaucratisée et organisée par le régime nazi et ses collaborateurs à travers l’Europe occupée, entre 1933 et 1945.

Les Juifs ne furent pas les seules victimes du régime nazi, mais ils appartiennent au seul groupe que les nazis cherchèrent à éliminer radicalement et systématiquement, dans son intégralité. Des millions d’autres victimes – opposant politiques, tsiganes, homosexuels, « asociaux » , prisonniers de guerre soviétiques, ou encore minorités religieuses dont les Témoins de Jéhovah – connurent l’oppression considérable et souvent la mort sous la tyrannie nazie.

Le mot « Holocauste » (du grec ancien ὅλος, entier + καύστος, brûlé) fut utilisé dès 1894 par le journaliste juif Bernard Lazare  pour évoquer les Juifs brûlés vifs pendant la Peste noire au Moyen Âge, puis par le poète Max Jacob dès 1937. Après la guerre, le terme a été popularisé aux États-Unis par la série du même nom, sortie en 1978. Le terme « Holocauste » est toujours utilisé aujourd’hui de manière prédominante dans la sphère anglophone, où il englobe désormais  à la fois la destruction des Juifs d’Europe et  l’assassinat et la persécution de millions d’autres victimes. En France le terme est aujourd’hui très peu utilisé, en raison de sa connotation sacrificielle.

Le néologisme « génocide » (littéralement : massacre d’un groupe ethnique) a été forgé en 1944 par le professeur de droit américain Raphael Lemkin. Le terme a été employé officiellement pour la première fois le 18 octobre 1945, dans l’acte d’accusation contre les principaux criminels de guerre allemands traduits devant le Tribunal militaire international de Nuremberg. Il concernait alors l’élimination systématique des peuples juif et tsigane par les nazis. La destruction massive des Tsiganes est aujourd’hui également connue sous le terme porajmos (signifiant littéralement « dévorement », « destruction ») forgé par l’historien linguiste rom Ian Hancock dans les années 1990.

En France, la diffusion du documentaire Shoah de Claude Lanzmann en 1985 consacre l’utilisation du terme hébreu désignant la « catastrophe », employé dès les années 1940 par certains intellectuels juifs.

Parce qu’aucun terme ne fait l’unanimité en France pour désigner l’ensemble des victimes du régime nazi, et parce que nombre de pages sur ce site traitent de compositeurs exilés mais aussi des politiques officielles concernant la musique sous le IIIe Reich, il nous a paru plus judicieux de baptiser la version française de ce site « Musique et nazisme ».

Pourquoi l’enseigner ?

Le génocide des Juifs a constitué un point de rupture particulier dans l’histoire humaine et dans celle du xxe siècle. En tant que tel, il peut être étudié sous l’angle historique, moral et social. Mais il peut aussi et surtout pousser les élèves et le public à des interrogations plus vastes et à l’appréhension de questions comme celles des discriminations, de l’antisémitisme et du racisme, de l’intolérance, ou encore de la responsabilité individuelle et collective. Étudier ce phénomène peut sensibiliser au danger que constitue le fait de rester silencieux lorsque l’on est confronté à l’oppression des autres ou à la violation des droits humains.

Comment l’enseigner ?

En premier lieu, il est important d’être précis dans le choix des termes et d’encourager les élèves à faire de même. Ainsi, il peut être opportun de présenter et de différencier les termes « Holocauste », « Shoah » et « génocide », pour justifier l’emploi de l’un ou de l’autre.

Une présentation du contexte plus large sera bienvenue : l’histoire de l’antisémitisme, le terreau pangermaniste de la fin du xixe siècle, la vie des Juifs en Europe après la Première Guerre mondiale, ou encore la montée en puissance du nazisme dans les années 1920.

Pour éviter une approche anonyme et « statistique » face aux millions de victimes, il peut être pertinent de s’intéresser à des destins précis et variés, choisis parmi diverses catégories de personnes persécutées par le régime.

Enfin, il est important de rappeler la complexité de toute situation, et d’éviter de renforcer des clichés ou de tomber dans des travers de simplification : l’histoire du nazisme et ses conséquences au xxe siècle est également celle d’individus foncièrement différents, aux parcours particuliers, qu’ils soient victimes, collaborateurs, résistants, oppresseurs ou bourreaux. C’est pourquoi il ne s’agira jamais non plus de comparer des situations d’horreur ou de douleur de différents groupes, ce qui ferait courir le risque de relativiser l’une ou l’autre.

N’hésitez pas à consulter également les Lignes directrices pour l’enseignement de la Shoah, établies par la Task Force for International Cooperation on Holocaust Education, Remembrance, and Research, qui vous fourniront une aide précieuse.