Dachaulied (Allemand)

Dachaulied

Stacheldraht, mit Tod geladen, 
ist um uns're Welt gespannt. 
D'rauf ein Himmel ohne Gnaden 
sendet Frost und Sonnenbrand. 
Fern von uns sind alle Freuden, 
fern die Heimat, fern die Frau'n, 
wenn wir stumm zur Arbeit schreiten, 
Tausende im Morgengrau'n.


Refrain: 
Doch wir haben die Losung von Dachau gelernt 
und wurden stahlhart dabei. 
Sei ein Mann, Kamerad. 
Bleib ein Mensch, Kamerad. 
Mach ganze Arbeit, pack an Kamerad. 
Denn Arbeit, Arbeit macht frei.

Vor der Mündung der Gewehre 
leben wir bei Tag und Nacht. 
Leben wird uns hier zu Lehre, 
schwerer als wir's je gedacht. 
Keiner mehr zählt Tag' und Wochen, 
mancher schon die Jahre nicht. 
Und so viele sind zerbrochen 
und verloren ihr Gesicht.

Schlepp den Stein und zieh den Wagen, 
keine Last sei dir zu schwer. 
Der du warst in fernen Tagen, 
bist du heut' schon längst nicht mehr. 
Stich den Spaten in die Erde, 
grab dein Mitleid tief hinein, 
und im eig'nen Schweiße werde 
selber du zu Stahl und Stein.

Einst wird die Sirene künden; 
auf zum letzten Zählappell. 
Draußen dann, wo wir uns finden 
bist du, Kamerad zur Stell'.
Hell wird uns die Freiheit lachen, 
vorwärts geht's mit frischem Mut. 
Und die Arbeit, die wir machen, 
diese Arbeit, sie wird gut.

Dachaulied (Français)

Le « Dachaulied », chant de Dachau, 1938
Texte : Jura Soyfer. Musique : Herbert Zipper

Des barbelés chargés de mort,
Enserrent notre vie,
Au-dessus de nous, un ciel sans grâce
Nous inflige gel ou soleil brûlant.
Au loin toutes les joies,
Loin la patrie, loin les femmes,
Lorsque nous partons par milliers en silence
Au travail, dans le matin gris.

Refrain
Mais nous avons appris la devise de Dachau
Et nous sommes devenus durs comme l’acier.
Reste humain, camarade,
Sois un homme, camarade,
Travaille dur, trime, camarade :
Car le travail, le travail rend libre !

2. Avec devant nous le canon des fusils,
Jour et nuit, nous vivons.
Vivre ici nous enseigne
La plus dure des leçons.
Personne ne compte en jours ni en semaines,
Certains, même plus en années.
Et tant d’entre nous sont brisés
Et ont perdu toute allure humaine.

3. Porte les pierres et tire la charrette,
Aucune charge n’est trop lourde pour toi.
Celui que tu étais autrefois,
N’est plus depuis longtemps déjà.
Enfonce ta bêche dans la terre,
Enterres-y toute compassion
Et dans ta propre sueur,
Deviens toi-même acier et pierre.

4. Un jour la sirène annoncera :
Dehors, pour le dernier appel !
Dehors, où nous nous trouverons alors,
Tu seras à ta place, camarade.
La liberté nous offrira son clair sourire.
Nous avancerons avec un courage nouveau,
Et le travail que nous accomplirons,
Ce travail sera bon.

Le Dachaulied (« Chant de Dachau ») fut composé par Herbert Zipper sur un texte de Jura Soyfer. Les deux hommes avaient sympathisé à Vienne dans les années 1930 et à l’été 1938 ils se retrouvèrent à Dachau, où ils renouèrent et composèrent des chansons et poèmes ensemble. Un jour, Zipper suggéra que Soyfer compose un poème basé sur l’infâme slogan u camp, « Le Travail rend libre » (Arbeit macht frei). Il mémorisa le poème que Soyfer lui récita et, quelques jours plus tard, composa la musique dans sa tête. Il la chanta ensuite à certains codétenus, qui popularisèrent bientôt le chant à l’intérieur du camp. Peu après avoir composé le chant, le 23 septembre 1938, Zipper fut transféré avec Soyfer à Buchenwald.

Excerpt taken from the CD Memento: Gedenkkonzert 50 Jahre Befreiung KZ Mauthausen, courtesy of Singkreis Mauthausen.