Le régime nazi utilisa largement la musique pour promouvoir sa politique, notamment par le biais de son parti, le NSDAP ; il tenta en outre de « purifier » la vie musicale allemande de toute « dégénérescence ».

La première leçon s’intéresse au compositeur autrichien et à son opéra Jonny spielt auf (« Jonny mène la danse »), qui fut créé en 1927 sous la République de Weimar. Sa popularité fut immense et l’œuvre fut donnée sur de nombreuses scènes européennes.

Sous le régime nazi, cet opéra de Krenek subit de nombreuses attaques ; il figura en bonne place dans l’exposition « Musique dégénérée » (Entartete Musik) de 1938, pour exemplifier les théories sur la « dégénérescence » en musique. Le catalogue de l’exposition eut pour couverture le dessin d’un musicien noir aux traits grossièrement accentués, jouant du saxophone avec une étoile de David en guise de boutonnière. C’est cette image qui sera au centre de la deuxième leçon.

La troisième leçon étudie quant à elle le camp très particulier de Theresienstadt, ainsi que la complexité des enjeux de la vie artistique qui s’y développa.

Avant toute chose, vous pouvez visiter nos pages de contexte : La musique sous le IIIe Reich et Le jazz sous le nazisme.

Leçon 1 - Jazz et propagande

Leçon 1 : Jazz et propagande

Objectifs :

  • Aborder un nouveau genre musical : le jazz
  • Exercer son esprit critique      
  • Analyser des contenus et déceler l’usage de propagande

Compétences mobilisées :

Domaines 1, 3 et 5 du Cycle 4 du Socle commun de connaissances, de compétences et de culture

Ressources :

À lire avant de commencer l’activité : http://holocaustmusic.ort.org/fr/politics-and-propaganda/third-reich/jazz-under-the-nazis/  


ACTIVITÉ 1 – Le jazz en France et en Allemagne 

Le jazz est une musique noire américaine arrivée en Europe à l’occasion  de l’exposition universelle de 1900, où le ragtime fut entendu à Paris pour la première fois. Mais c’est à partir de 1917 qu’il s’implante véritablement en France avec l’arrivée de troupes américaines, puis sur le sol allemand après la Première Guerre mondiale. Il connaît un immense succès à travers l’Europe, notamment en Allemagne après 1918.

Découvrir un genre musical

Écoute du premier enregistrement officiel de jazz  (qui s’écrit tout d’abord « jass ») : « Livery Stable Blues » par l’Original Dixieland Jazz Band, 1917 : https://www.youtube.com/watch?v=-xZgFjuT-uk

Ce morceau, intitulé « Le Blues de l’écurie de louage », imite grâce aux sons en glissando du trombone, le hennissement du cheval.

Le groupe Original Dixieland Jazz Band, carte postale, 1918.

Travail sur les instruments spécifiques de l’orchestre de jazz ou big band :

  • saxophones et clarinettes (famille des bois)
  • trompettes ou cornets, trombones (famille des cuivres)
  • batterie (famille des percussions)
  • contrebasse, parfois une guitare ou un banjo
  • piano (famille des cordes).

On pourra constater que presque tous sont utilisés pour la musique savante. La spécificité du jazz est donc dans la façon de jouer et dans certains accessoires comme les « sourdines wah-wah » pour les cuivres par exemple.


ACTIVITÉ 2 – Le jazz inspire la musique savante

Le jazz séduit rapidement toutes les couches de la population en Europe, notamment les compositeurs de musique « savante ». Ils sont nombreux à intégrer l’usage spécifique des instruments, la batterie ou les rythmes caractéristiques dans leur musique. En Allemagne, les compositeurs des années 1920 appellent ce genre Kunstjazz ou « jazz savant ».

Écoute 1 : Erwin Schulhoff, « Hot Sonate » (1930), 3ème mouvement, « Andamento » : https://www.youtube.com/watch?v=wcFXMZFcNA8 (commencer à 6’01). Retrouver les éléments qui évoquent le jazz : usage du saxophone, imitation du jeu de la trompette en faisant glisser des sons (glissando), certains rythmes caractéristiques à contretemps. On pourra rapprocher cet exemple de la Rhapsody in Blue de George Gershwin (1924).

Écoute 2 : Ernst Křenek, extrait de Jonny spielt auf,1927, extrait en écoute sur la page http://holocaustmusic.ort.org/fr/politics-and-propaganda/

Jonny spielt auf est un opéra qui inclut le jazz : c’est donc un autre exemple de Kunstjazz, cette musique savante influencée par le jazz.

Cet opéra oppose 2 personnages principaux : Daniello, un violoniste professionnel de musique savante, et Jonny, un musicien noir-américain venu jouer du jazz en Europe, qui cherche à lui voler son violon. Le personnage de Jonny, un peu voyou, est néanmoins sympathique, et c’est Daniello qui tient le rôle de « méchant ».

L’extrait entendu est l’avant-dernière scène de l’opéra : le train que Jonny prend pour quitter l’Europe est prêt à partir (on entend la sonnerie qui l’annonce). Le chœur chante :

« La pendule sonne une heure ancienne
La nouvelle arrive maintenant
Ne ratez pas la correspondance
Le voyage commence
vers le pays inconnu de la liberté
Et Jonny mène la danse.
Le nouveau monde vient par la mer, étincelant,
et recueille l’héritage de la vieille Europe grâce à la danse. » 

On pourra travailler sur le mélange des éléments de jazz (utilisation des instruments, contretemps, rythmes dansants, etc.) et de l’opéra (voix très lyriques, chant en chœur, pas d’improvisation).

Autres compositeurs influencés par le jazz : Kurt Weill, Paul Hindemith, Claude Debussy, Darius Milhaud…


ACTIVITÉ 3 – Charlie and His Orchestra : jazz et propagande nazie

À lire avant de commencer l’activité : Charlie and His Orchestra

Malgré des tentatives régulières d’interdiction à l’intérieur du Reich, le jazz ne sera jamais totalement banni car il reste très populaire auprès d’une large partie de la population, particulièrement les jeunes et les soldats. Le ministre de la Propagande Joseph Goebbels décide donc de détourner le genre pour servir la propagande nazie. Ceci donne lieu à la naissance de plusieurs groupes de musique, dont Charlie and His Orchestra. Le groupe reprend habilement des standards de jazz pour diffuser des messages de propagande nazie par de subtils changements de paroles.

Étude de chanson 

« Stormy Weather », repris et détourné par Charlie and His Orchestra : https://www.youtube.com/watch?v=7LcJjLfpbVs

Version originale

Refrain : Je ne sais pas pourquoi
Il n’y a pas de soleil dans le ciel
Quel mauvais temps
Depuis que je ne suis plus avec mon mec
Il pleut tout le temps

La vie est sans intérêt
Tristesse et misère sont partout
Quel mauvais temps
Je ne peux plus rassembler mes esprits
Je suis constamment lasse

Quand il m’a quittée,
J’ai attrapé le blues
S’il reste loin de moi
Je finirai en rocking-chair
Tout ce que je peux faire, c’est prier Dieu
De me laisser marcher au soleil encore une fois 

(Refrain) 

Version modifiée

Refrain : Je ne sais pas pourquoi
Je ne peux bloquer le ciel
Quel mauvais temps
Depuis que mes navires
ont rencontré les avions allemands
Je suis battu à chaque fois

La vie est sans intérêt
Tristesse et misère sont partout
Quel mauvais temps
Je ne parviens plus à conserver mes bateaux
Ils coulent tout le temps

Quand je suis allé en Norvège,
Je suis tombé sur les Allemands
Et maintenant que les Français sont contre moi
Je me fais des cheveux blancs
Tout ce que je peux faire, c’est appeler ma marine
Pour qu’elle attaque les navires français 

(Refrain)

  • Faire écouter la première partie, avec les paroles d’origine. Quel est le thème de la chanson ?
  • Faire souligner les modifications d’une version à l’autre.
  • Identifier quel est le personnage dans la deuxième partie (annoncé par Charlie : « Here is… »)
  • Quel est l’objectif de cette chanson ? Comment y arrive-t-elle ?

On pourra renouveler l’exercice  sur d’autres chansons du même groupe.


Pour aller plus loin

Livres et articles

Christiane Claeys Boúúart, « Le classique rencontre le jazz », http://www.lamediatheque.be/travers_sons/jazz01.htm.

Laurent Ribadeau Dumas, « Avril 1917 : Quand le jazz débarquait en France avec les troupes américaines », http://geopolis.francetvinfo.fr/premiere-guerre-mondiale-le-jazz-arrive-avec-les-americains-39703.

Pascal Huynh, La musique sous la République de Weimar, Paris, Fayard, 1998.

Élise Petit, Bruno Giner, « Entartete Musik ». Musiques interdites sous le IIIe Reich, Paris, Bleu Nuit, 2015.


Documentaire

François Reinhardt, La grande guerre des Harlem Hellfighters, What’s Up Productions, 2017.


Émissions radio 

Franck Bergerot, Arnaud Merlin, « Quand le jazz débarque », France Musique :

Leçon 2 - Entartete Musik

Leçon 2 : Entartete Musik, « Musique dégénérée »

Objectifs:

  • Analyser des contenus pour y déceler des formes de propagande
  • Développer son esprit critique par rapport à des images
  • Savoir comparer et mettre en perspective des illustrations
  • Faire des recherches biographiques et bibliographiques

Ressources:


ACTIVITÉ 1 – Entartete Musik

Analyser une image de propagande

Étude de l’illustration de Ludwig Tersch (ci-dessous) pour le catalogue de l’exposition Entartete Musik, 1938.

Avant de présenter le contexte historique, s’intéresser à l’image et recueillir les réactions. Cette illustration suscite-t-elle de la sympathie ou de l’antipathie ? Qu’évoque le mot « entartete » ?

Trouver tous les symboles antisémites, racistes et anticommunistes :

  • - À la veste, une étoile de David en guise de fleur.
  • - Chapeau haut de forme, attributs des banquiers juifs dans les caricatures antisémites
  • - Traits fortement accentués du musicien noir
  • - Boucle d’oreille associée à l’image du sauvage propre à l’époque
  • - Couleur de fond rouge : associée aux communistes

Cette illustration montre l’amalgame fait par le régime nazi contre tout ce qu’il détestait

Pourquoi le saxophone ? Faire trouver le style musical auquel l’instrument se réfère : le jazz.

Comparer des illustrations

Présenter la couverture de la partition de Jonny spielt auf d’Ernst Křenek. C’est l’influence directe du dessinateur Ludwig Tersch, qui a d’ailleurs baptisé « Jonny »  le personnage du catalogue Entartete Musik.

Présenter la couverture du catalogue de l’exposition Entartete Kunst de 1937 sur les arts graphiques. Quelles sont les dénonciations ? (noter l’emploi de guillemets pour « Art »)

On pourra faire effectuer des recherches sur l’exposition Entartete Musik de 1938, mais aussi sur l’exposition Entartete Kunst de 1937 sur les arts graphiques.


ACTIVITÉ 2 – Les musiques « dégénérées »

Discuter le terme « dégénéré », ses implications négatives. En s’aidant de l’illustration de l’activité 1, trouver les styles musicaux que les nazis pouvaient considérer comme « dégénérés » ⇒ musique juive, musique américaine, jazz, musique communiste.

La modernité en musique durant les Années folles

Faire effectuer des recherches sur la musique sous la République de Weimar. Pour un contexte artistique plus général, on pourra s’aider du document "Arts et culture République de Weimar" (PDF) ou des ouvrages cités en bibliographie.

Divers courants musicaux : atonalité, expressionnisme, dada, jazz et Kunstjazz, Nouvelle Objectivité, Agit-prop, cabaret, Kampflieder

⇨ Toutes ces esthétiques modernes ont été rejetées et condamnées en bloc, notamment à l’occasion de l’exposition Entartete Musik

Partition

Erwin Schulhoff, 5 Pittoresques, n°3 : « In Futurum », 1919. C’est le premier exemple de partition écrite uniquement avec des silences.

Écoutes musicales

Arnold Schönberg, Kurt Weill, Erwin Schulhoff, Paul Hindemith


ACTIVITÉ 3 – Destins de compositeurs

Sous le IIIe Reich, de très nombreux compositeurs se sont exilés ; les plus engagés politiquement quittent l’Allemagne dès 1933. Certains fuient en Autriche, et sont condamnés à un nouvel exil lorsque le pays est rattaché à l’Allemagne en 1938. Les destinations sont la France, la Grande-Bretagne, la Belgique et le reste de l’Europe, l’Union Soviétique, l’Amérique latine et les États-Unis.

À partir des écoutes menées lors de l’activité 2, les élèves pourront s’attacher à retracer le parcours d’un compositeur considéré « dégénéré », depuis sa carrière dans l’Allemagne de la République de Weimar jusqu’à l’exil ou la déportation.


Pour aller plus loin

Pascal Huynh, La musique sous la République de Weimar, Paris, Fayard, 1998.

Livre très complet sur les différents courants musicaux. Accessible aux lycéens.

Pascal Huynh (dir.), Le Troisième Reich et la Musique, cat. exp., Paris, Fayard, 2004.

Livre très riche en illustrations, sur les politiques musicales sous le IIIe Reich.

Élise Petit, Bruno Giner, « Entartete Musik ». Musiques interdites sous le IIIe Reich, Paris, Bleu Nuit, 2015.

Livre accompagné de fiches biographiques sur divers compositeurs ayant été persécutés par le régime nazi. Accessible pour des élèves à partir de la 3ème.

Leçon 3 : Theresienstadt

Leçon 3 : Theresienstadt

Objectifs :

  • Comprendre la complexité du statut de Theresienstadt, et la manière dont les nazis l’ont utilisé pour la propagande
  • Apprendre sur la vie musicale à Theresienstadt
  • Analyser des contenus et savoir distinguer un art « officiel » de témoignages clandestins

Compétences mobilisées :

Domaines 1, 3 et 5 du Cycle 4 du Socle commun de connaissances, de compétences et de culture

Ressources :

À lire avant de commencer l’activité : http://holocaustmusic.ort.org/places/theresienstadt/


ACTIVITY 1 - Life in the Ghetto

Parfois dénommé « camp-ghetto », Theresienstadt est un cas complexe au sein du système concentrationnaire, et les deux termes correspondent à ce double-statut:

  • un « ghetto » car la population, composée d’adultes et d’enfants, était exclusivement juive, et l’administration était confiée à une « Administration autonome juive » (jüdische Selbstverwaltung), néanmoins totalement sous contrôle SS.
  • un « camp » car Theresienstadt ne fut pas érigé sur un endroit historiquement peuplé par des Juifs, mais dans une ville-forteresse dont les habitants furent évacués. Les détenus étaient assignés à divers commandos de travail, à l’intérieur ou à l’extérieur, comme dans les camps de concentration. Les mouvements de population étaient très fréquents, Theresienstadt faisant office de « camp de transit » avant les déportations vers les centres de mise à mort, particulièrement Auschwitz-Birkenau.

Dans un premier temps, les élèves pourront rechercher et établir des définitions des termes « ghetto », « camp de concentration », « camp de transit », avec des caractéristiques précises. Préciser que le travail de cette leçon portera sur Theresienstadt, mais pas sur la « Petite Forteresse », qui était une prison de la Gestapo située près de l’entrée du camp.

Étude d’illustrations

- Illustration 1 : Helga Weissová-Hošková, Dessin d’un concert dans un logement privé à Theresienstadt

À partir de ce dessin d’enfant, faire trouver toutes les spécificités de Theresienstadt :

  • Des prisonniers exclusivement juifs (comme dans les ghettos, port de l’étoile jaune, et non pas de l’habituel triangle imposé dans les camps de concentration ; pas d’uniforme de prisonniers, etc.)
  • La présence d’enfants
  • La présence de musiciens
  • Un statut « privilégié » pour les artistes (la famille est réunie, il y a quelques accessoires, etc.)

Plus d’informations sur l’artiste : http://collectifhistoirememoire.org/Pages/122_Helga-Weissova.html

- Illustration 2 : Bedřich Fritta, Logement à Terezín, dessin clandestin.

Comparer immédiatement avec des illustrations de Bedřich Fritta, un artiste qui effectua de nombreuses illustrations clandestines pour dénoncer les conditions de vie à Theresienstadt.

Plus d’informations sur l’artiste : http://collectifhistoirememoire.org/Pages/143_Bedrich-FRITTA.html (cliquer sur « Voir des dessins de Bedrich Fritta » pour consulter de nombreuses autres illustrations, notamment une caricature p. 18, originellement intitulée Vie d’un privilégié).

Cette mise en parallèle d’illustrations doit permettre une première compréhension de la complexité de Theresienstadt, où certaines personnes étaient privilégiées, mais où régnaient majoritairement la surpopulation, les maladies et la mort.


ACTIVITÉ 2 – Un camp pour la propagande

Le camp de Theresienstadt, qui renferme de nombreuses personnalités culturelles, a été conçu pour répondre aux interrogations de l’opinion publique sur le traitement des Juifs dans les camps. Des visites seront organisées à plusieurs reprises pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). En 1944, un film de propagande sera tourné dans le camp, sous forme d’un pseudo-documentaire.

Étude d’illustrations et photographies

Il sera intéressant d’utiliser des photos prises par le délégué de la Croix-Rouge Maurice Rossel et de les mettre en perspective avec des dessins de propagande réalisés pour cette visite. Dans un deuxième temps, les confronter aux dessins clandestins.

  • Illustration 3 : Jo Spier, L’orchestre de la ville, dessin de propagande remis au délégué du CICR
  • Illustration 4 : Photographie d’une répétition du Requiem de Verdi, prise par le délégué du CICR Maurice Rossel.
  • Illustration 5 : Leo Haas, Des Calories, dessin clandestin.

Les photos prises par Maurice Rossel et les illustrations qui lui ont été offertes à l’issue de sa visite sont consultables librement sur le site des Archives Audiovisuelles du CICR : https://avarchives.icrc.org/

Les élèves peuvent ensuite chercher sur Internet d’autres illustrations clandestines, notamment de Leo Haas ou Bedřich Fritta.

Travail sur le film de propagande

À partir du film de propagande disponible en accès libre : https://collections.ushmm.org/search/catalog/irn1001681

Analyser quelques scènes choisies, par exemple: 

  • Celle des forgerons (à partir de 0’23), dans laquelle on peut entendre un extrait d’Orphée aux Enfers de Jacques Offenbach, compositeur juif français du xixe siècle dont la musique était interdite dans l’Allemagne nazie
  • Le match de football (5’23) 
  • Le concert de musique moderne (9’48) : exécution d’une œuvre de Pavel Haas (apparaît en gros plan à droite à 9’53) composée à Theresienstadt

ACTIVITÉ 3 – La musique à Theresienstadt

La création musicale à Theresienstadt a été très importante. Insister sur le contexte très particulier du camp :

  • Présence de compositeurs professionnels dans le camp
  • Dispense de travail pour les artistes les plus connus
  • Papier à musique fourni

Recherche d’affiches

Faire rechercher des affiches de concerts à Terezín pour montrer la diversité des genres musicaux représentés : opéra pour enfants (Brundibár), musique moderne (« Neue Musik »), cabaret, musique de divertissement (« Unterhaltungs-Musik »).

Travail sur un enregistrement de Brundibár (de préférence la version tchèque)

À Theresienstadt, les enfants ont été le plus souvent pris en charge par des éducateurs. L’art jouait alors un rôle très important pour la survie intellectuelle des plus jeunes. De nombreux dessins ont été réalisés par des enfants avec l’aide de l’artiste autrichienne Friedl Dicker-Brandeis était elle aussi détenue à Theresienstadt. Des journaux ont été créés, des jeux ont été confectionnés.

À lire avant de commencer l’activité : Brundibár

Lire la traduction française du livret et faire réfléchir sur les parallèles entre la situation des deux jeunes héros et celle des enfants dans le camp.

Rechercher l’extrait vidéo du film de propagande montrant le final de la représentation de Brundibár (en ligne).

Pour aller plus loin : témoignages écrits par des enfants de Theresienstadt

Ces deux ouvrages sont accessibles à un public d’adolescents. Le premier est plus développé et s’adresse davantage à des lycéens. Le second est un journal avec des illustrations.

  • Klüger, Ruth, Refus de témoigner. Une jeunesse, trad. fr. Jeanne Étoré, Mayenne, Viviane Hamy, 1997.
  • Weiss, Helga (Helga Weissová-Hošková), Le Journal d’Helga – Témoignage et dessins d’une enfant rescapée de la Shoah, Paris, Belfond, 2013.